Histoire 1
Dans le village de Saint-Hilaire-du-Bois (im Dorf Saint-Hilaire-du-Bois /Sankt Hilarius im Wald/), en Charente (in der Charente /Departement im Westen Frankreichs/), il y a une petite rue (es gibt eine kleine Straße) qui s'appelle la rue des Tilleuls (die Rue des Tilleuls heißt /Lindenstraße/; tilleulm — Linde). Au numéro douze (in Nummer zwölf), il y a la maison de Jean-Marc Poulain (da steht das Haus von Jean-Marc Poulain /Fohlen/: „es gibt das Haus“). Au numéro quatorze (in Nummer vierzehn), juste à côté (gleich daneben; juste — genau, direkt; à côté — daneben: „an der Seite“; côtém), il y a la maison de Gérard Michaud (da steht das Haus von Gérard Michaud).
La guerre commence
Dans le village de Saint-Hilaire-du-Bois, en Charente, il y a une petite rue qui s'appelle la rue des Tilleuls. Au numéro douze, il y a la maison de Jean-Marc Poulain. Au numéro quatorze, juste à côté, il y a la maison de Gérard Michaud.
Jean-Marc et Gérard sont voisins depuis vingt-deux ans (Jean-Marc und Gérard sind seit zweiundzwanzig Jahren Nachbarn; anm). Ils ont le même âge (sie sind gleich alt: „haben das gleiche Alter“) — cinquante-cinq ans (fünfundfünfzig Jahre). Ils ont la même voiture (sie haben das gleiche Auto) — une Peugeot grise (einen grauen Peugeot). Ils ont le même chien (sie haben den gleichen Hund) — enfin, la même race (na ja, die gleiche Rasse; enfin — endlich; /hier:/ na ja, besser gesagt): un épagneul breton (einen Epagneul Breton /französische Vorstehhundrasse/; épagneulm — Spaniel; breton — bretonisch). Et ils ont le même problème (und sie haben das gleiche Problem): chacun pense être meilleur (jeder hält sich für besser: „jeder denkt, besser zu sein“) que l'autre (als der andere).
Jean-Marc et Gérard sont voisins depuis vingt-deux ans. Ils ont le même âge — cinquante-cinq ans. Ils ont la même voiture — une Peugeot grise. Ils ont le même chien — enfin, la même race : un épagneul breton. Et ils ont le même problème : chacun pense être meilleur que l'autre.
En janvier (im Januar), ils se disputent sur les rosiers (sie streiten sich über die Rosensträucher). En mars (im März), sur la pelouse (über den Rasen). En été (im Sommer; étém), sur les tomates du jardin (über die Tomaten im Garten; tomatef). Et en décembre (und im Dezember) — en décembre (im Dezember), c'est la guerre (es ist Krieg).
Parce qu'en décembre (weil im Dezember), il y a Noël (Weihnachten ist: „es Weihnachten gibt“).
En janvier, ils se disputent sur les rosiers. En mars, sur la pelouse. En été, sur les tomates du jardin. Et en décembre — en décembre, c'est la guerre.
Parce qu'en décembre, il y a Noël.
Tout a commencé un premier décembre (alles begann an einem ersten Dezember). Jean-Marc est sorti de chez lui (Jean-Marc ging aus dem Haus: „ging von bei sich hinaus“; sortir — hinausgehen; chez qn — bei jdm.) à huit heures du matin (um acht Uhr morgens; heuref) avec un carton de guirlandes lumineuses (mit einem Karton Lichterketten: „leuchtender Girlanden“; guirlandef — Girlande, Lichterkette; lumineux). Il a installé une guirlande blanche (er brachte eine weiße Lichterkette an; installer — anbringen, aufstellen; blanc) autour de la porte d'entrée (rund um die Haustür; porte d'entréef — Haustür: „Tür des Eingangs“). Simple (schlicht). Élégant (elegant).
Tout a commencé un premier décembre. Jean-Marc est sorti de chez lui à huit heures du matin avec un carton de guirlandes lumineuses. Il a installé une guirlande blanche autour de la porte d'entrée. Simple. Élégant.
À neuf heures (um neun Uhr), Gérard est sorti de chez lui (Gérard ging aus dem Haus). Il a vu la guirlande de Jean-Marc (er sah Jean-Marcs Lichterkette; voir). Il est rentré chez lui (er ging wieder ins Haus: „kehrte zu sich zurück“). Et à dix heures (und um zehn Uhr), Gérard avait installé deux guirlandes (Gérard hatte zwei Lichterketten angebracht) — une blanche et une bleue (eine weiße und eine blaue) — autour de sa porte (rund um seine Tür), de ses fenêtres (seine Fenster) et de sa boîte aux lettres (und seinen Briefkasten; boîte aux lettresf — Briefkasten: „Schachtel für die Briefe“).
Jean-Marc a regardé par la fenêtre (Jean-Marc sah aus dem Fenster: „durch das Fenster“). Il a pris son téléphone (er nahm sein Telefon; prendre) et a commandé cinq mètres de guirlande supplémentaire (und bestellte fünf Meter zusätzliche Lichterkette; mètrem) sur Internet (im Internet: „auf Internet“).
La course avait commencé (das Wettrennen hatte begonnen; courir — laufen).
À neuf heures, Gérard est sorti de chez lui. Il a vu la guirlande de Jean-Marc. Il est rentré chez lui. Et à dix heures, Gérard avait installé deux guirlandes — une blanche et une bleue — autour de sa porte, de ses fenêtres et de sa boîte aux lettres.
Jean-Marc a regardé par la fenêtre. Il a pris son téléphone et a commandé cinq mètres de guirlande supplémentaire sur Internet.
La course avait commencé.
Les femmes de Jean-Marc et Gérard (die Frauen von Jean-Marc und Gérard) — Catherine Poulain et Françoise Michaud (Catherine Poulain und Françoise Michaud) — regardaient la scène (sahen der Szene zu) avec un mélange d'amusement et de fatigue (mit einer Mischung aus Belustigung und Müdigkeit; fatiguef). Catherine et Françoise étaient amies (Catherine und Françoise waren Freundinnen). Très bonnes amies (sehr gute Freundinnen), en fait (genau genommen; faitm — Tatsache). Elles prenaient le café ensemble (sie tranken zusammen Kaffee: „nahmen den Kaffee“) tous les matins (jeden Morgen: „alle Morgen“). Elles faisaient les courses ensemble (sie kauften zusammen ein; faire les courses — einkaufen: „die Besorgungen machen“) le samedi (samstags). Elles partageaient des recettes (sie teilten Rezepte; recettef), des secrets (Geheimnisse; secretm) et parfois une bouteille de blanc (und manchmal eine Flasche Weißwein; blancm — Weiß, Weißwein).
Les femmes de Jean-Marc et Gérard — Catherine Poulain et Françoise Michaud — regardaient la scène avec un mélange d'amusement et de fatigue. Catherine et Françoise étaient amies. Très bonnes amies, en fait. Elles prenaient le café ensemble tous les matins. Elles faisaient les courses ensemble le samedi. Elles partageaient des recettes, des secrets et parfois une bouteille de blanc.
« Gérard a acheté un renne lumineux pour le jardin (Gérard hat ein leuchtendes Rentier für den Garten gekauft) », a dit Françoise (sagte Françoise) en buvant son café chez Catherine (während /sie/ bei Catherine ihren Kaffee trank; boire — trinken).
« Jean-Marc a commandé un Père Noël gonflable de deux mètres (Jean-Marc hat einen zwei Meter großen aufblasbaren Weihnachtsmann bestellt; Père Noëlm — Weihnachtsmann: „Vater Weihnachten“; gonfler — aufblasen) », a répondu Catherine (antwortete Catherine; répondre).
« Mon Dieu (mein Gott). »
« Le facteur a cru (der Briefträger dachte; facteurm — Briefträger, Postbote; croire — glauben) que c'était une personne vraie (dass es ein echter Mensch war: „eine wahre Person“). Il a dit bonjour au Père Noël (er hat dem Weihnachtsmann guten Tag gesagt). »
« Gérard a acheté un renne lumineux pour le jardin », a dit Françoise en buvant son café chez Catherine.
« Jean-Marc a commandé un Père Noël gonflable de deux mètres », a répondu Catherine.
« Mon Dieu. »
« Le facteur a cru que c'était une personne vraie. Il a dit bonjour au Père Noël. »
Françoise a ri (Françoise lachte; rire). « Ça va être un long mois de décembre (das wird ein langer Dezember: „ein langer Monat Dezember“; aller + Inf. — etw. tun werden). »
Catherine a soupiré (Catherine seufzte). « Comme chaque année (wie jedes Jahr). »
Dehors (draußen), Jean-Marc montait sur une échelle (Jean-Marc stieg auf eine Leiter) avec une étoile lumineuse (mit einem leuchtenden Stern). Gérard le regardait depuis sa fenêtre (Gérard sah ihm von seinem Fenster aus zu; depuis — seit; /hier:/ von … aus), les bras croisés (mit verschränkten Armen; croiser — kreuzen, verschränken), en calculant déjà sa prochaine décoration (während /er/ schon seine nächste Dekoration plante; calculer — rechnen, berechnen, planen).
Françoise a ri. « Ça va être un long mois de décembre. »
Catherine a soupiré. « Comme chaque année. »
Dehors, Jean-Marc montait sur une échelle avec une étoile lumineuse. Gérard le regardait depuis sa fenêtre, les bras croisés, en calculant déjà sa prochaine décoration.
Le village de Saint-Hilaire-du-Bois comptait trois cent cinquante habitants (das Dorf Saint-Hilaire-du-Bois zählte dreihundertfünfzig Einwohner; habitantm; habiter — wohnen). Et chaque décembre (und jeden Dezember), ces trois cent cinquante habitants regardaient le spectacle de la rue des Tilleuls (diese dreihundertfünfzig Einwohner sahen sich das Schauspiel in der Rue des Tilleuls an) avec le même plaisir (mit dem gleichen Vergnügen).
« C'est mieux que la télévision (das ist besser als Fernsehen) », disait la vieille Madeleine (sagte die alte Madeleine; vieux), qui habitait en face (die gegenüber wohnte; en face — gegenüber; facef — Gesicht, Vorderseite).
Elle n'avait pas tort (sie hatte nicht unrecht; tortm).
Le village de Saint-Hilaire-du-Bois comptait trois cent cinquante habitants. Et chaque décembre, ces trois cent cinquante habitants regardaient le spectacle de la rue des Tilleuls avec le même plaisir.
« C'est mieux que la télévision », disait la vieille Madeleine, qui habitait en face.
Elle n'avait pas tort.
Patrice, le facteur (Patrice, der Briefträger), passait chaque jour avec ses lettres (kam jeden Tag mit seinen Briefen vorbei). Il regardait les nouvelles guirlandes (er betrachtete die neuen Lichterketten; nouveau) et soupirait (und seufzte). « L'année dernière (letztes Jahr; dernier), c'était déjà fatigant (das war schon anstrengend; fatigant — ermüdend, anstrengend). Cette année (dieses Jahr), ça va être pire (das wird schlimmer). »
Catherine lui a offert un café (Catherine bot ihm einen Kaffee an; offrir — schenken, anbieten). « Courage, Patrice (nur Mut, Patrice). Ce n'est que le début (das ist erst der Anfang; ne … que — nur). »
Patrice, le facteur, passait chaque jour avec ses lettres. Il regardait les nouvelles guirlandes et soupirait. « L'année dernière, c'était déjà fatigant. Cette année, ça va être pire. »
Catherine lui a offert un café. « Courage, Patrice. Ce n'est que le début. »
Patrice a bu son café d'un trait (Patrice trank seinen Kaffee in einem Zug aus; boire; d'un trait — in einem Zug: „mit einem Strich“). « Madame Poulain (Frau Poulain), je fais ce métier depuis vingt ans (ich bin seit zwanzig Jahren in diesem Beruf: „mache diesen Beruf“; métierm — Beruf, Handwerk). Et je peux vous dire une chose (und ich kann Ihnen eines sagen: „eine Sache“): vos maris sont les deux personnes les plus têtues (Ihre Männer sind die zwei dickköpfigsten Menschen; têtef — Kopf) de tout le département (im ganzen Departement). »
Catherine a regardé Jean-Marc sur son échelle (Catherine sah zu Jean-Marc auf seiner Leiter). « Je sais, Patrice (ich weiß, Patrice). Croyez-moi (glauben /Sie/ mir), je sais (ich weiß). »
Patrice a bu son café d'un trait. « Madame Poulain, je fais ce métier depuis vingt ans. Et je peux vous dire une chose : vos maris sont les deux personnes les plus têtues de tout le département. »
Catherine a regardé Jean-Marc sur son échelle. « Je sais, Patrice. Croyez-moi, je sais. »