Le nouveau gardien (der neue Hüttenwirt; gardienm — Wächter, Hüter; /hier:/ Hüttenwirt)
Benoît a vingt-neuf ans (Benoît ist neunundzwanzig Jahre alt: «hat neunundzwanzig Jahre»), les cheveux bruns (hat braune Haare) et une barbe de trois jours (und einen Dreitagebart: «einen Bart von drei Tagen»). Au mois de juin (im Juni: «im Monat Juni»), il arrive au Refuge du Col (kommt er zur Passhütte) pour son premier été comme gardien (für seinen ersten Sommer als Hüttenwirt). Le refuge est à deux mille mètres d’altitude (die Hütte liegt auf zweitausend Metern Höhe), dans les Alpes françaises (in den französischen Alpen). Il y a vingt lits (es gibt zwanzig Betten), une cuisine (eine Küche), une terrasse avec une vue magnifique sur les montagnes (eine Terrasse mit einem herrlichen Blick auf die Berge; vuef — Blick, Aussicht) et un silence extraordinaire (und eine außergewöhnliche Stille).
Le nouveau gardien
Benoît a vingt-neuf ans, les cheveux bruns et une barbe de trois jours. Au mois de juin, il arrive au Refuge du Col pour son premier été comme gardien. Le refuge est à deux mille mètres d’altitude, dans les Alpes françaises. Il y a vingt lits, une cuisine, une terrasse avec une vue magnifique sur les montagnes et un silence extraordinaire.
Du moins, c’est ce que Benoît pense (zumindest glaubt das Benoît: «das ist es, was Benoît glaubt»; du moins — zumindest, wenigstens).
Le premier matin (am ersten Morgen), Benoît ouvre la porte du refuge (öffnet Benoît die Tür der Hütte) et pose son bol de café sur la table de la terrasse (und stellt seine Schale Kaffee auf den Tisch der Terrasse; poser — stellen, legen, hinstellen; bolm — Schale, Napf). Il respire l’air frais (er atmet die frische Luft ein; frais — frisch, kühl). Les sommets sont blancs de neige (die Gipfel sind weiß vom Schnee). Le ciel est parfaitement bleu (der Himmel ist vollkommen blau).
« C’est le paradis (das ist das Paradies) », murmure Benoît (murmelt Benoît; murmurer — murmeln, flüstern).
Il rentre dans le refuge (er geht in die Hütte zurück; rentrer — zurückgehen, heimkehren) pour chercher du pain (um Brot zu holen; chercher — suchen, holen). Trente secondes (dreißig Sekunden). Quand il revient (als er zurückkommt), le bol de café est toujours là (steht die Schale Kaffee immer noch da; toujours — immer; /hier:/ noch immer). Mais à côté du bol (aber neben der Schale; à côté de — neben), il y a un animal (ist ein Tier). Un petit animal brun, rond (ein kleines, braunes, rundes Tier), avec de petites oreilles et des yeux noirs très vifs (mit kleinen Ohren und sehr lebhaften schwarzen Augen; œilm/yeuxpl — Auge; vif — lebhaft, lebendig).
Du moins, c’est ce que Benoît pense.
Le premier matin, Benoît ouvre la porte du refuge et pose son bol de café sur la table de la terrasse. Il respire l’air frais. Les sommets sont blancs de neige. Le ciel est parfaitement bleu.
« C’est le paradis », murmure Benoît.
Il rentre dans le refuge pour chercher du pain. Trente secondes. Quand il revient, le bol de café est toujours là. Mais à côté du bol, il y a un animal. Un petit animal brun, rond, avec de petites oreilles et des yeux noirs très vifs.
Une marmotte (ein Murmeltier).
La marmotte est assise sur la table (das Murmeltier sitzt auf dem Tisch: «ist auf den Tisch gesetzt»; s’asseoir — sich setzen). Elle regarde Benoît (es sieht Benoît an). Benoît regarde la marmotte (Benoît sieht das Murmeltier an). Personne ne bouge (niemand rührt sich; bouger — sich rühren, sich bewegen).
Puis la marmotte prend le morceau de sucre (dann nimmt das Murmeltier das Stück Zucker) posé à côté du bol (das neben der Schale liegt: «gelegt neben die Schale»; poser — legen, hinstellen) et s’enfuit à une vitesse incroyable (und flieht mit unglaublicher Geschwindigkeit; s’enfuir — fliehen, entfliehen; vitessef — Geschwindigkeit, Schnelligkeit; croire — glauben).
« Hé ! Mon sucre (mein Zucker)! » crie Benoît (schreit Benoît; crier — schreien, rufen).
Trop tard (zu spät). La marmotte a disparu entre les rochers (das Murmeltier ist zwischen den Felsen verschwunden; rocherm — Fels, Felsen).
Une marmotte.
La marmotte est assise sur la table. Elle regarde Benoît. Benoît regarde la marmotte. Personne ne bouge.
Puis la marmotte prend le morceau de sucre posé à côté du bol et s’enfuit à une vitesse incroyable.
« Hé ! Mon sucre ! » crie Benoît.
Trop tard. La marmotte a disparu entre les rochers.
Benoît appelle l’ancien gardien (Benoît ruft den früheren Hüttenwirt an; appeler — rufen, anrufen; ancien — früher, ehemalig; alt), Philippe, qui est maintenant à la retraite à Grenoble (Philippe, der jetzt in Grenoble im Ruhestand ist; retraitef — Ruhestand, Rente).
« Philippe ? Il y a une marmotte (da ist ein Murmeltier) qui vole la nourriture sur la terrasse (das das Essen auf der Terrasse stiehlt; nourrituref — Nahrung, Essen). »
Philippe rit (Philippe lacht). Longtemps (lange).
« Ah, tu as rencontré Marcel (ah, du hast Marcel kennengelernt; rencontrer — treffen, begegnen, kennenlernen)! »
« Marcel ? La marmotte a un nom (das Murmeltier hat einen Namen)? »
« Bien sûr (natürlich; bien sûr — natürlich, gewiss). Marcel vit près du refuge depuis des années (Marcel lebt seit Jahren in der Nähe der Hütte; près de — nahe bei, in der Nähe von). Il connaît les horaires mieux que moi (er kennt die Zeiten besser als ich; horairem — Zeitplan, Fahrplan). Il sait exactement quand les randonneurs arrivent (er weiß genau, wann die Wanderer ankommen; randonneurm — Wanderer; randonnéef — Wanderung), quand ils posent leurs sacs (wann sie ihre Rucksäcke abstellen; poser — abstellen, hinlegen; sacm — Tasche, Sack, Rucksack) et quand ils ne regardent pas (und wann sie nicht hinsehen). C’est le roi de la montagne (er ist der König des Berges). »
« Et comment on l’arrête (und wie hält man ihn auf; arrêter — anhalten, aufhalten, stoppen)? »
Nouveau rire de Philippe (wieder lacht Philippe: «neues Lachen von Philippe»). « On ne l’arrête pas, mon garçon (man hält ihn nicht auf, mein Junge). On apprend à vivre avec (man lernt, mit ihm zu leben; apprendre — lernen, erfahren). »
Benoît appelle l’ancien gardien, Philippe, qui est maintenant à la retraite à Grenoble.
« Philippe ? Il y a une marmotte qui vole la nourriture sur la terrasse. »
Philippe rit. Longtemps.
« Ah, tu as rencontré Marcel ! »
« Marcel ? La marmotte a un nom ? »
« Bien sûr. Marcel vit près du refuge depuis des années. Il connaît les horaires mieux que moi. Il sait exactement quand les randonneurs arrivent, quand ils posent leurs sacs et quand ils ne regardent pas. C’est le roi de la montagne. »
« Et comment on l’arrête ? »
Nouveau rire de Philippe. « On ne l’arrête pas, mon garçon. On apprend à vivre avec. »
Les jours suivants (in den folgenden Tagen; suivant — folgend; suivre — folgen), Benoît découvre que Philippe a raison (entdeckt Benoît, dass Philippe recht hat; avoir raison — recht haben; raisonf — Verstand, Recht, Grund). Marcel est partout (Marcel ist überall). Il apparaît au petit-déjeuner (er taucht beim Frühstück auf; apparaître — erscheinen, auftauchen). Il apparaît au déjeuner (er taucht beim Mittagessen auf). Il siffle (er pfeift) — un sifflement aigu, puissant (ein schriller, kräftiger Pfiff; sifflementm — Pfiff, Pfeifen; aigu — spitz, schrill; puissant — mächtig, kräftig) — chaque fois qu’un groupe de randonneurs monte le sentier (jedes Mal, wenn eine Gruppe Wanderer den Pfad heraufkommt; monter — hinaufsteigen, heraufkommen; sentierm — Pfad, Weg). Comme un système d’alarme (wie eine Alarmanlage). Ou plutôt, comme un comité d’accueil (oder eher wie ein Empfangskomitee; plutôt — eher, vielmehr; accueilm — Empfang; accueillir — empfangen).
Les randonneurs adorent Marcel (die Wanderer lieben Marcel; adorer — anbeten, sehr lieben). Ils le photographient (sie fotografieren ihn). Ils lui donnent des morceaux de biscuit (sie geben ihm Stückchen Keks). Marcel pose pour les photos (Marcel posiert für die Fotos; poser — posieren, Modell stehen) avec un naturel extraordinaire (mit außergewöhnlicher Selbstverständlichkeit; naturelm — Natürlichkeit, Ungezwungenheit): de profil, de face (im Profil, von vorn; facef — Gesicht, Vorderseite), avec les montagnes en arrière-plan (mit den Bergen im Hintergrund; arrière-planm — Hintergrund; arrière — hinten, zurück; planm — Ebene, Plan).
« Il est plus photogénique que moi (er ist fotogener als ich) », observe Benoît (bemerkt Benoît; observer — beobachten, bemerken).
Les jours suivants, Benoît découvre que Philippe a raison. Marcel est partout. Il apparaît au petit-déjeuner. Il apparaît au déjeuner. Il siffle — un sifflement aigu, puissant — chaque fois qu’un groupe de randonneurs monte le sentier. Comme un système d’alarme. Ou plutôt, comme un comité d’accueil.
Les randonneurs adorent Marcel. Ils le photographient. Ils lui donnent des morceaux de biscuit. Marcel pose pour les photos avec un naturel extraordinaire : de profil, de face, avec les montagnes en arrière-plan.
« Il est plus photogénique que moi », observe Benoît.
Un soir (eines Abends), Benoît fait l’inventaire de la semaine (macht Benoît die Inventur der Woche; inventairem — Inventur, Bestandsaufnahme). Il manque (es fehlen; manquer — fehlen, vermissen): quatre morceaux de sucre (vier Stück Zucker), un bout de fromage (ein Stück Käse; boutm — Ende, Stück), deux biscuits et une demi-barre de céréales (zwei Kekse und ein halber Müsliriegel; barref — Riegel, Stange; céréalef — Getreide, Müsli).
Benoît écrit dans le cahier du refuge (Benoît schreibt in das Hüttenbuch; écrire — schreiben; cahierm — Heft, Buch), sous la rubrique « Notes pour le prochain gardien (unter die Rubrik „Notizen für den nächsten Hüttenwirt"; rubriquef — Rubrik, Spalte) » :
Marcel la marmotte prend un impôt sur chaque repas (Marcel das Murmeltier erhebt eine Steuer auf jede Mahlzeit; impôtm — Steuer, Abgabe). Considérez cela comme un loyer (betrachten Sie das als Miete; considérer — betrachten, ansehen). Il était ici avant nous (er war vor uns hier). Il sera ici après nous (er wird nach uns hier sein).
Un soir, Benoît fait l’inventaire de la semaine. Il manque : quatre morceaux de sucre, un bout de fromage, deux biscuits et une demi-barre de céréales.
Benoît écrit dans le cahier du refuge, sous la rubrique « Notes pour le prochain gardien » :
Marcel la marmotte prend un impôt sur chaque repas. Considérez cela comme un loyer. Il était ici avant nous. Il sera ici après nous.
Puis il pose le cahier (dann legt er das Buch hin; poser — hinlegen, ablegen), prend son café — sans sucre, cette fois (nimmt seinen Kaffee — diesmal ohne Zucker) — et regarde le coucher de soleil (und sieht dem Sonnenuntergang zu; se coucher — schlafen gehen, untergehen).
Sur le rocher à côté de la terrasse (auf dem Felsen neben der Terrasse), Marcel est assis (sitzt Marcel). Il regarde le même coucher de soleil (er sieht demselben Sonnenuntergang zu; même — gleich, selb).
« D’accord, Marcel (einverstanden, Marcel; d’accord — einverstanden, in Ordnung) », dit Benoît (sagt Benoît). « On va bien s’entendre, toi et moi (wir beide werden gut miteinander auskommen, du und ich; s’entendre — sich verstehen, auskommen). »
Marcel siffle une fois (Marcel pfeift einmal). Benoît décide que c’est un oui (Benoît beschließt, dass das ein Ja ist; décider — beschließen, entscheiden).
Puis il pose le cahier, prend son café — sans sucre, cette fois — et regarde le coucher de soleil.
Sur le rocher à côté de la terrasse, Marcel est assis. Il regarde le même coucher de soleil.
« D’accord, Marcel », dit Benoît. « On va bien s’entendre, toi et moi. »
Marcel siffle une fois. Benoît décide que c’est un oui.